Écrire la Vie

De mon enfance moulée à même la torpeur caustique des pensionnats, j’ai conservé l’ardent désir de contemplation et de recueillement, sève vitale à la création. Amputée de la possibilité d’explorer les talents innés qui me rendaient vivante, je me réfugiais dans l’univers des livres, véritable exutoire à mon besoin d’expression artistique. Puisque la danse, la gymnastique, le dessin m’étaient refusés, je lirais. Mon univers s’est tissé dans l’odeur des livres.

Imbibée des émotions et des parfums émanant de tous ces mondes imaginaires ou réels, j’en ai conservé une robe romantique inébranlable. C’est naturellement, à l’âge de quinze ans, que je confie au papier, les balbutiements de sentiments, de questionnements, de quête et d’émerveillement qui se bousculent en moi. À lire ou à écrire, le papier s’est fait chair et esprit.

Délaissé un temps, l’écrit se fait à nouveau pressant, comme une lame de fond annonçant le tsunami qu’il provoquerait dans ma vie. La consultante en communication, l’organisatrice d’évènements, la coach d’entreprise et d’artistes ainsi que l’éditrice que j’étais devenue ne comblait plus l’incessant appel de l’écrit qui revendiquait sa place.

 

Approche humaniste

Depuis 1990, poèmes et carnets se bousculent, témoignant d’une fébrilité à fleur de peau, que mon âme pressentait. Le mot se personnifiait, un peu comme un deuxième moi, capable de comprendre mes intuitions, de capter le regard de l’autre, de cristalliser des moments, de me faire le miroir des humains et de leur cheminement. Magie du mot. Présence authentique. Il est en moi. Je lui ai donné son espace, le temps de mon premier essai Désir d’écrire, un cri du cœur, véritable catharsis, une façon d’apprivoiser les deuils et les aléas de la vie. Une reconnexion authentique. Une réponse à l’appel de mon âme.

Depuis, l’écrit en veut plus. Pas moins de six projets de livres ornent ma table. Ma créativité est exacerbée au point où je dois m’y consacrer. Le mot est partout. Il attira des centaines de lecteurs, pas suffisamment pour en vivre mais assez pour me convaincre que, comme dirait Marguerite Duras « C’est écrire qu’il faut que je fasse ».  Ces témoignages m’incitent à développer davantage l’effervescence qui se trame en moi, malgré moi. Enfin, je me retrouve. L’enfant refoulée, celle qui semblait inapte, revient frapper à la porte de la vie donnant à son ombre créatrice, celle qui n’avait jamais eu droit au chapitre public, le droit d’exister. Désir d’écrire est un véritable récit de l’accouchement d’un livre. Cri de désespoir, dialogue entre le corps, l’esprit et l’âme. Une quête d’unicité.

Écoute active… expression brute

J’écris pour moi et ce faisant, je rejoins l’autre. Combien d’artistes, de clients, de lecteurs m’ont dit que mon écriture témoignait précisément, avec originalité, de leur parcours, de leur œuvre, de leur vie ou, mieux encore, les incitait à s’engager dans leurs rêves d’écriture. Un écho. Rencontrer l’autre est pour moi source de plaisir et lorsque je peux, avec mes mots, mettre en exergue ce qu’ils ont dans le cœur, j’en suis ravie. Écrire, pour moi est donc un plaisir double, celui de me délester de tous ces mots qui m’habitent, soulageant un trop plein d’idées, comme un peintre jetterait toutes ses couleurs sur sa palette pour créer une œuvre inconnue de lui mais qui reflètera son âme.  Écrire, ce n’est pas, pour moi, orchestrer savamment un plan d’écriture, même si une certaine organisation est nécessaire. C’est surtout un acte impulsif, une force qui demande à vivre. Le texte, bien sûr travaillé par la suite, conserve, presque toujours, sa forme brute, pulsion de l’instant capté à même la vie.

 

L’écrit vivant

L’écrit est omniprésent. Jour et nuit, il s’incarne dans des recueils de poésie, se prête à des biographies d’artistes. Il veut se faire le porte parole de l’être humain, de ce qui l’anime, de ce qui le rend vivant. Il se calque sur la vie pour en extraire l’essence même. Le mot se fait son, se fait image. Il s’incarne. Assumant son existence propre et lancinante comme l’autre moi revendiquant sa place en un partage authentique évoquant bien souvent la spiritualité, la philosophie et la réflexion psychologique.

Trouver notre essence vitale, l’appel divin de l’âme et s’organiser pour lui donner des chances de grandir en nous, comme un diamant que l’on polit, année après année, pour l’offrir aux astres de notre destinée, à nos enfants, comme un miroir qui brillera dans le firmament céleste enfin apaisé de voir ses étoiles trouver le chemin de la lumière.

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